Crèches AVIP : ce que change la nouvelle circulaire de 2026
Les crèches AVIP (à vocation d’insertion professionnelle) permettent d’accueillir des enfants dont les parents sont engagés dans un parcours vers l’emploi.
J’avais déjà consacré un article à ce dispositif et à son fonctionnement :
👉Les crèches AVIP : mesure d’aide au retour à l’emploi
Mais un nouvel accord signé en septembre 2025 et une circulaire publiée le 5 février 2026 viennent faire évoluer le dispositif.
Objectif affiché : développer davantage les modes d’accueil AVIP et faciliter leur déploiement sur les territoires.
Alors concrètement, qu’est-ce qui change pour les crèches et les professionnels de la Petite Enfance ?
Pourquoi faire évoluer le dispositif des crèches AVIP ?
Le dispositif AVIP part d’un constat simple : de nombreux parents renoncent à un emploi ou à une formation faute de solution d’accueil pour leur enfant.
Les chiffres montrent aussi que les familles les plus modestes utilisent 3 fois moins les modes d’accueil formels.
Pourtant ce sont leurs enfants qui bénéficient le plus de ces accueils. Les crèches AVIP ont donc été créées pour :
- Faciliter l’accès à l’emploi
- Réduire les inégalités sociales dès la Petite Enfance
- Permettre aux parents de suivre une formation ou un parcours d’insertion
Aujourd’hui, plus de 1 100 EAJE sont labellisés AVIP en France. Mais leur déploiement reste encore très inégal selon les territoires.
Ce qui change avec la nouvelle circulaire AVIP
La réforme repose sur 3 grandes évolutions :
1. Un public AVIP élargi :
Jusqu’à présent, le dispositif ciblait surtout les parents en recherche active d’emploi. Désormais, la définition est plus large.
Le public AVIP concerne tout parent engagé dans un parcours d’insertion sociale ou professionnelle. Cela peut inclure par exemple :
- Une recherche d’emploi accompagnée
- Une entrée en formation
- Un parcours d’accompagnement RSA
- Un parcours d’intégration pour les personnes réfugiées
La circulaire rappelle également que les familles monoparentales doivent être prioritaires.
2. Les assistants maternels peuvent désormais participer au dispositif
C’est l’une des grandes nouveautés ! Jusqu’à présent, le dispositif concernait surtout les EAJE. Désormais :
- Des assistants maternels peuvent intégrer un réseau AVIP
- Le réseau doit comprendre au moins deux assistants maternels
- Une coordination du réseau est obligatoire
Le label est alors attribué au réseau et non à chaque professionnel individuellement.
L’objectif est clair : élargir l’offre d’accueil disponible pour les parents en insertion.
3. Les crèches peuvent se regrouper en réseau AVIP
Autre évolution importante : les structures peuvent désormais mutualiser leur engagement AVIP.
Concrètement : Une crèche doit toujours viser 20 % d’enfants dont les parents sont en insertion. Mais ce seuil peut maintenant être atteint à l’échelle d’un réseau de structures et non plus uniquement dans une seule crèche. Cela permet par exemple :
- à plusieurs crèches de se regrouper
- de partager l’accueil des familles orientées
- de mieux répondre aux besoins du territoire
Un coordinateur de réseau doit alors être désigné.
Ce qui ne change pas pour les crèches AVIP
Certains principes restent identiques. Par exemple :
- L’objectif d’accueil reste fixé à 20 % d’enfants dont les parents sont en insertion
- L’accueil doit être adapté aux besoins du parent (horaires, durée, intensité)
- L’accueil doit être maintenu autant que possible pour l’enfant
La circulaire insiste également sur un point essentiel : il ne s’agit pas de réserver des places “gelées”, mais d’accueillir ces enfants de manière souple au fil de l’année.
Ce que cela change concrètement pour les directions de crèche
Pour les responsables d’EAJE, cette évolution peut ouvrir plusieurs possibilités :
- Rejoindre un réseau AVIP local
- Développer des partenariats avec les acteurs de l’insertion
- Accueillir des enfants dont les besoins d’accueil peuvent être plus flexibles
Cela peut aussi être l’occasion de :
- Donner du sens au projet social de la structure
- Renforcer les liens avec le territoire
- Participer à un dispositif qui agit directement contre les inégalités sociales.
En résumé
La nouvelle circulaire AVIP cherche surtout à rendre le dispositif plus souple et plus accessible.
Les principales évolutions sont :
- Un public d’insertion plus large
- L’ouverture aux assistants maternels
- La possibilité de créer des réseaux de modes d’accueil
L’objectif reste le même : lever un frein majeur à l’emploi des parents de jeunes enfants. Pour conclure, les crèches jouent un rôle essentiel dans les parcours d’insertion des familles. Accueillir un enfant, ce n’est pas seulement répondre à un besoin de garde. C’est aussi parfois permettre à un parent de reprendre pied dans un projet professionnel. La rénovation du dispositif AVIP vient rappeler combien les modes d’accueil sont au cœur des politiques sociales et de l’égalité des chances dès la Petite Enfance.
