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Au delà des connaissances que nous avons tous sur l’utilité de l’objet transitionnel (Winnicott), la Programmation Neuro Linguistique apporte un éclairage supplémentaire de l’effet du doudou sur l’état émotionnel de l’enfant.

Le VAKOG du doudou

Nous percevons le monde à travers nos 5 sens. Le doudou, comme tout objet, est une combinaison de qualités :

  • Visuelles : ses couleurs, sa forme
  • Auditives : les sons qu’il émet (grelots, bruissement, etc…)
  • Kinesthésique : sa texture
  • Olfactive : l’odeur qui y est imprégnée
  • Gustative : son goût

Ces détails sensoriels sont en quelque sorte des balises qui peuvent tracer une route pour ressentir à nouveau une émotion.

L'ancrage sensoriel

Un souvenir n’a besoin que d’une seule balise pour revenir à notre conscience :

  • Un lieu qui nous rappelle un événement
  • Une odeur de fleur qui nous rappelle nos dernières vacances
  • Une musique qui nous fait penser à une rencontre
  • Un vêtement qui nous renvoie à une fête
  • Une route qu’on a pris il y a plusieurs années, etc.

Comme pour un souvenir, une émotion peut se réveiller à la vue, l’écoute, le goût, etc. de quelque chose. Lorsque l’émotion a été vécue très fortement, elle peut s’ancrer : elle sera alors à nouveau ressentie rien qu’en reprenant le même circuit sensoriel.

Pour y réaccéder, elle a besoin de 3 balises sensorielles, c’est à dire qu’elle a besoin d’au moins 3 sens qui perçoivent les mêmes choses que le jour où cela s’est produit. Ces sens créent donc un chemin pour l’émotion, qui pourra alors se revivre comme si nous étions projeté au moment de la scène initiale.

Dans la pratique thérapeutique de la PNL, l’ancrage de ressources est un outil phare. Il permet aux personnes de retrouver instantanément un état de ressources en associant plusieurs qualités sensorielles du VAKOG.

Le doudou est donc un ancrage de ressources

Surinvestit par l’enfant, le doudou a donc un pouvoir émotionnel magique que l’on observe quotidiennement. Cet objet, ou autre (le doudou n’est pas forcément matériel mais peut-être un geste, une mélodie intérieure, etc…) est constitué d’éléments sensoriels (VAKOG), balises qui permettent à l’émotion de trouver sa route.

Prenons l’exemple du carré de chocolat qui nous fait du bien : les balises peuvent être la couleur du chocolat + la texture (croquante ou fondante) + le goût. Quand toutes ces balises sont activées, l’émotion est atteinte, par ce circuit.

Le doudou – ou la tétine, qui a aussi son VAKOG (goût/mouvement de succion, …) – sont donc bien plus qu’un moyen de conserver le lien avec la maman. Ils aident intrinsèquement l’enfant à se ressourcer par les perceptions sensorielles. Il sont donc d’une grande aide pour gérer les états affectifs et émotionnels du tout petit.

Cet éclairage explique également comment un tout-petit choisi son doudou : c’est ce qui a apporté à un moment un intense réconfort, une sécurité totale. En retrouvant ces balises, il retrouve le même état interne que celui qu’il a vécu ce jour là.

L’adaptation sert donc aux enfants à se familiariser à de nouvelles informations sensorielles qui créeront un nouveau circuit émotionnel. Lors des premières séparations, le nourrisson qui n’a pas encore de doudou n’a donc aucune « béquille ». Vous êtes totalement différents des parents visuellement (votre visage), auditivement (votre voix), kinesthésiquement (votre façon de porter), olfactivement (vous n’avez pas le même parfum) voire gustativement (certains lèchent notre peau). Aucun de ces 5 sens ne trouve alors de correspondance à ce qu’il connait et le rassure.  L’olfaction étant le sens qui se développe en premier, disposer d’un linge imprégné de l’odeur naturelle connue et rassurante de son parent sera d’une aide précieuse.

Le lavage du doudou peut d’ailleurs créer de l’inconfort à un enfant qui a mis l’odeur comme balise dans le circuit de l’émotion.

Et si l'autonomie commençait déjà par le doudou ?

Plus tard, en grandissant, certains enfants n’ont besoin de leur doudou et/ou de leur tétine que pour l’endormissement ou le gros chagrin. D’autres, ne les lâchent pas de la journée. Vient alors en crèche la grande question du libre accès au doudou. Les craintes des parents et des professionnels sont alors verbalisées comme de la dépendance, un frein pour grandir, s’ouvrir aux autres, etc…

Accéder à son doudou pourrait aussi être envisagé dans le sens inverse : comme son premier pas vers l’autonomie. Les jeunes enfants ont chaque jour, chaque minute, chaque seconde, tant de choses à découvrir et apprendre. Apprendre à gérer ses émotions fait partie de cette très longue liste.

Étant donné que le doudou ou la tétine sont des supports de balises sensorielles pour réguler les émotions et les humeurs, y accéder par soi-même est un réel acte d’autonomie et de prise de conscience de ses besoins. Les émotions n’étant que des signaux qui nous servent à identifier nos besoins, quand il est dans un état de tristesse, de peur ou de colère, il ressent qu’il a besoin de réconfort. Il sait que le doudou ou la tétine lui permettent de satisfaire ce besoin. En allant chercher son doudou, il va donc par lui même remplir son réservoir de sécurité qui vient de se vider.

L’observation et l’empathie de l’accueillant(e) seront alors des guides pour essayer de savoir si l’enfant prend son doudou pour des raisons « vitales psychiquement » ou s’il l’utilise plus en jouet (sur des moments de jeux).

Quelques ressources supplémentaires

  • Sur l’une de mes structures, j’écrivais des fiches de soutien à la parentalité. Retrouvez-ici celle consacrée au doudou.
son doudou
  • Visualisez ma conférence sur les ancres sensorielles

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